L'inconsolé (Mélissa Restous)







Edition : Editions du Petit Caveau
Genre : Bit-Lit, Romance
Auteur : Mélissa Restous
Parution : 15 janvier 2016








Résumé : Au cœur du XIXème siècle, Sacha Gabrilov, vampire arrogant et décadent, parcourt le monde en compagnie d’Henri Duplessis. Lorsque la route des deux dandys les amènent jusqu’en France, ils deviennent rapidement la coqueluche de tout Paris.  Sacha remarque la jeune et innocente Louise Delorme. Le somptueux vampire n’a alors plus qu’un désir : se rapprocher de la jeune fille afin de la posséder et de la pervertir. Dans l’ombre, l’immortel engage alors un jeu dangereux...

En ce jour de fête nationale, je vais vous parler de vampires ! Bon ok, ça n’a absolument aucun rapport, mais ça fait environ un quart d’heure que je cherche une phrase d’introduction, donc faites comme si c’était tout à fait logique, merci ! Bon sinon, trêve de plaisanteries, cette fois je suis de retour, c’est promis ! Il est temps que je rattrape mon retard, même si ledit retour se résume à deux livres à vous chroniquer. Et oui, ces derniers mois ont été plutôt chaotiques. Mais c’est l’été, le soleil brille (pas aujourd’hui), les oiseaux chantent, le ciel est bleu (en fait blanc) et je suis totalement motivée pour un été livresque !

Je vous disais donc vampire ! Si vous vous souvenez bien (et si vous vous souvenez vraiment, alors chapeau), en février dernier, je suis allée au festival de l’imaginaire Atrebatia à Arras. J’ai pu y rencontrer de jeunes auteurs, dont Mélissa Restous, qui a écrit « L’inconsolé »Le résumé me promettait un vampire arrogant et décadent, un Paris festif et mondain, une jeune et innocente jeune fille…je ne suis pas vraiment difficile et en plus de ça je suis faible. Le roman a donc rejoint ma pile de livres du salon.

Effectivement, j’ai pu faire la rencontre de Sasha Gabrilov, un vampire particulièrement agaçant, donc terriblement attirant. Oui parce qu’on ne va pas se mentir les filles, Edward Cullen, il est bien gentil, mais on ne peut pas s’empêcher de frémir devant un vampire qui ressemble davantage à Dracula qu’à un héros tout droit sorti d’un Harlequin non (je n’ai rien contre Edward Cullen ni contre les Harlequins, qu’on se le dise tout de suite, j’ai eu une longue période Twilight moi aussi) ?

Sasha Gabrilov, vampire arrogant et décadent donc, arrive à Paris en compagnie de son ami de très longue date, Henri Duplessis. Dans le Paris du XIXème, le vieux vampire (oui, je ne peux pas vraiment dire le jeune homme cette fois) fait la rencontre de la douce Louise Delorme, qu’il a bien envie de croquer (littéralement…). Toutefois, au fur et à mesure de leurs échanges, Sasha commence de plus en plus à apprécier cette jeune femme qui cache en réalité un tempérament de feu.

Si vous vous dites que l’histoire se résume à : Sasha tombe amoureux de la belle Louise, il abandonne ses vieux démons, ils s’enfuient loin et vivent heureux une fois qu’il l’a mordu…non. Le roman de Mélissa Restous est beaucoup plus sombre, avec une ambiance gothique. Les personnages souffrent et le final n’est pas du tout celui qu’on pourrait imaginer. Les dernières pages m’ont laissées un peu perplexe, puis finalement j’ai trouvé que c’était une manière originale de conclure l’histoire.

Le roman est court, à peine 172 pages, pourtant l’intrigue et les personnages sont suffisamment développés pour qu’on ne reste pas sur notre faim (aucun jeu de mot lié au vampirisme, promis). Etant donné la taille du roman, je ne vais toutefois pas vous donner de détails sur l’histoire et sur les personnages comme je le fais d’habitude pour vous laisser découvrir l’intrigue.

Finalement, ce que j’ai vraiment adoré avec ce roman, c’est la plume de Mélissa Restous. Je vais être honnête, je ne m’attendais pas en si peu de pages à avoir une telle qualité au niveau de l’écriture. Mais malgré son jeune âge, l’auteure parvient à créer une ambiance sombre et torturée, pleine de poésie, j’ai totalement accroché et je lirais ses prochains romans avec plaisir.


En résumé, si vous cherchez une histoire de vampires qui revient aux sources du mythe, dans un Paris historique, avec une intrigue qui vous surpendra, ce roman très court est fait pour vous. C’est l’idéal pour se vider l’esprit et passer quelques heures en bonne compagnie. Et ça n'a rien à voir, mais je suis très contente d'être de retour sur le blog, cette fois de manière permanente je l'espère ! Je passe sur vos blogs très rapidement pour voir ce que j'ai manqué ces derniers mois!

Les Demoiselles d'Arisaig, Tome 1 : Daphné (Sarah M.Carr)






Genre : Romance contemporaine
Edition : Mots en flots
Auteure : Sarah M.Carr
Parution : 11 mai 2017
Coup de coeur









Résumé : « Bienvenue à Arisaig, petit village de pêcheur où vit la communauté d'âmes la plus farfelue d'Écosse. Daphné, libraire de son état, mène une vie paisible avec pour unique compagnon Angus, son chat, prince régent à ses heures. Partez avec elle à la rencontre de ses éclectiques amis... Fiona dont les tenues d'évadé d'hôpital psychiatrique n'ont d'égal que son sens de la répartie toxique, Jay le lubrique propriétaire du pub fréquenté par nos demoiselles et Erin l'adorable propriétaire de L'atelier du cupcake. Une vie paisible ? Pas tout à fait ! Le jour où les yeux de la jolie libraire se pose sur « Apollon », son existence bascule dans le plus hilarant mais aussi attendrissant et dramatique des chaos. Tentatives de séduction ratées, beuverie aux conséquences imprévues... Passion torride et trahison. Suivez la destinée de la première demoiselle d'Arisaig. »

Je sais ce que vous allez dire : « La voilà qui se repointe comme une fleur » alors que son dernier article date du 23 avril. Déjà dans mes deux dernières chroniques, je m’excusais de mon absence qui dure depuis le mois de mars. Alors je ne vais pas refaire le speech habituel : nouveau boulot, recherches d’appartements, trajet d’une heure matin et soir, journées de boulot se terminant à 19h, week ends entre amis et famille bien remplis…autant vous dire qu’il m’a été très difficile d’allumer mon ordinateur, de lire (le dernier livre que j’ai lu date du 18 mars). Mais ça y est, j’ai trouvé un appartement proche de mon boulot, j’emménage dans les prochaines semaines et j’espère pouvoir retrouver un rythme régulier dans mes chroniques.

En tout cas, assez parlé de moi pour aujourd’hui. Le livre dont je vais vous parler est un peu particulier, puisque c’est ma copinaute In romance we trust qui l’a écrit, une fille que j’adore pour son humour truculent et une passion commune pour les voyages, la nourriture, Jane Austen et les dramas de la BBC. Cela fait plusieurs mois qu’elle nous annonce la parution de son premier roman et je trépignais littéralement d’impatience à l’idée de l’avoir entre les mains. Je ne suis pas vraiment étonnée de dire que ce roman a été un coup de cœur et que je suis tombée amoureuse de ses personnages et de la petite ville d’Arisaig.

Après le décès de ses parents, Daphné Fraser (aurait-elle un lien de parenté avec notre Jamie international ??) décide de s’installer dans le petit village d’Arisaig, au fins fond de l’Ecosse. Libraire de profession, ce n’est pas là-bas que son affaire risque d’être florissante, sa principale cliente étant Miss Sutter, une vieille femme aigrie qui adore médire. Heureusement, la jeune femme peut compter sur Fiona, une jeune coiffeuse dont les tenues lui donnent l’allure d’une évadée d’un hôpital psychatrique, Erin, qui soigne sa peine de cœur dans sa boutique de Cupcake et Jay, le propriétaire du seul pub d’Arisaig, pervers mais attachant. Daphné mène une vie paisible entourée de la douce folie de ses amis, jusqu’à ce qu’un mystérieux inconnu débarque à Arisaig et mette sa vie sans dessus dessous. Neil McCallum, sous ses dehors sexy lui valent le surnom d’Apollon, cache un passé trouble auquel Daphné devra se confronter pour que la première destinée des demoiselles d’Arisaig puisse s’accomplir.

Daphné Fraser est un personnage que j’ai adoré parce que dans un monde idéal, j’aimerais être comme elle. Certains rêvent d’être millionnaires, moi j’aimerais juste tenir une librairie au fin fond de la campagne Ecossaise en me régalant de délicieux cupcakes. Malheureusement, je ne vis pas encore dans un monde idéal, alors suivre l’histoire de Daphné a été un véritable plaisir ! Un peu maladroite, se mettant toujours dans des situations hautement improbables et plus gênantes les unes que les autres, Daphné vaut le détour. Si on ajoute à ça un très bon sens de la répartie, alors vous avez un cocktail à la fois explosif et attachant. De plus, Daphné n’est pas une héroïne parfaite. Elle a quelques kilos en trop, et même si elle est jolie, elle ne ressemble pas à un mannequin stéréotypé, et c’est plaisant de pouvoir suivre le parcours d’une héroïne « normale ».

Puisque la saga se concentre sur les Demoiselles D’Arisaig, je ne vous parlerai que de ces dernières et je vous laisserai le soin de découvrir par vous-mêmes leurs Apollons respectifs, en me contentant de dire que j'adhère totalement au choix de Daphné.

La meilleure amie de Daphné est Fiona, une jeune coiffeuse délurée, s’habillant de manière aussi excentrique que sa couleur de cheveux et employant un langage digne d’une poissonnière. Comment vous dire que si j’adore Daphné, je suis littéralement tombée amoureuse du personnage de Fiona. Drôle, pétillante, pleine de répartie, attachante, extrêmement loyale envers Daphné, toujours présente pour défendre son amie, c’est une véritable bouffée d’air frais. On a un aperçu de la romance que pourrait vivre Fiona avec un élégant gentleman  (coincé selon elle) et qui, je l’espère, fera l’objet du deuxième tome !

Quant à Erin, le troisième membre de ce trio, elle reste un peu plus énigmatique. Elle est venue s’installer à Arisaig après avoir découvert que son compagnon avait en fait une double vie et qu’il était marié et père de famille. Profondément blessée par cet homme avec qui elle pensait vivre une histoire d’amour sincère, la jeune femme soigne petit à petit ses blessures. 

En plus d’avoir une palette de personnages plus fous les uns que les autres, ce roman a un gros point fort : les dialogues. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri pendant ma lecture. L’humour décalé et les échanges corrosifs entre les personnages ajoutent indéniablement au charme de cette romance. Et si l’humour est très présent tout au long du récit, les déclarations d’amour de Neil vous rappelleront très vite que vous lisez une romance contemporaine qui va vous faire fondre !


En conclusion, le premier tome des Demoiselles d’Arisaig est une véritable bouffée d’air frais qui vous fera sourire et rire tout au long de votre lecture. Les personnages sont plus loufoques et attachants les uns que les autres et le charme de l’Ecosse opère toujours autant. En attendant les aventures de Fiona que j’attends avec impatience, je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ce premier roman d’une auteure très prometteuse que j'aime beaucoup, nom d'un cul d'Highlander (by Fiona) ;) !

Anno Dracula (Kim Newman)






Genre : Fantastique
Edition : Le livre de Poche
Auteur : Kim Newman
Parution : 16 avril 2014
Coup de coeur








Résumé : Londres 1888. Depuis que Dracula a épousé la reine Victoria, la terreur règne sur la capitale. Sous l’influence du sulfureux comte, les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des vampires, toujours plus puissants, et il ne fait pas bon être simple mortel. Mais la riposte ne se fait pas attendre. Dans les sinistres ruelles de Whitechapel, des prostituées vampires se font assassiner par un mystérieux inconnu aux scalpels d’argent. Lancés dans la traque du tueur, Geneviève Dieudonné, une vampire à la jeunesse éternelle, et Charles Beauregard, espion pour le Diogene’s Club, vont devoir gravir les échelons du pouvoir. Et s’approcher dangereusement du souverain le plus sanguinaire qu’a jamais connu le royaume…

Après un peu plus d’un mois d’absence, je peux enfin me poser pour vous écrire une nouvelle chronique, et je dois dire que ça fait vraiment du bien de retrouver mon blog. Je m’excuse de cette absence prolongée, mais parfois la vie fait qu’on n’a pas toujours le temps de tout concilier. Même si j’adore mon blog, j’ai commencé il y a un peu plus d’un mois maintenant un nouveau travail et mes horaires étant 9h/18h chaque jour, sans compter un trajet de 45 minutes pour rentrer chez moi, vous comprendrez que le soir, je n’avais pas forcément le temps d’allumer mon ordinateur. Mes week end ayant également été chargés, je n’ai pas pu écrire de nouvelles chroniques jusque-là, mais me voici enfin de retour. Autant vous dire que je n’ai pas lu beaucoup de livres depuis un mois, mais j’avais encore quelques chroniques en réserve du mois de février. 

Imaginez un Londres victorien dans lequel la reine Victoria aurait épousé…le Comte Dracula ! Un monde dans lequel Jack l’éventreur assassinerait des prostituées vampires dans les rues de Whitechapel ? Un monde où vos personnages historiques et vos personnages de fiction cohabiteraient ? Parce que dans le roman de Kim Newman, les références littéraires foisonnent, à un tel point qu’il y en a forcément certaines que je ne connais pas et dont je ne me suis probablement pas rendue compte. Vous pourrez notamment croiser Mina Harker, Jonathan Harker, John Seward, des personnages emblématiques du roman classique Dracula. Vous entendrez parler de Lestrade, Sherlock Holmes et son frère Mycroft.  Ou alors, vous tremblerez en reconnaissant le Dr Jekyll !  Tous ces personnages côtoient des figures historiques ayant réellement existé comme Bram Stoker, les prostituées assassinées par Jack l’éventreur, Oscar Wilde. Le génie de Kim Newman aura donc été de réunir dans un même roman personnages de fiction et personnages historiques pour créer un Londres victorien alternatif très convaincant.

L’action se déroule en 1888. Dracula n’a pas péri de la main de Van Helsing, il s’est installé en Angleterre et a épousé la reine Victoria. Les vampires sont donc devenus les maîtres de l’Angleterre et la très sanguinaire garde Carpathe sème la terreur parmi les humains qui doivent cohabiter avec les vampires. Les humains appartenant aux classes les plus élevées de la société sont incités à devenir des vampires et doivent se trouver un père-en-ténèbres c’est-à-dire un vampire de haute lignée en mesure de les protéger. Dans les classes les plus pauvres, les prostituées vampires vendent leurs charmes contre une gorgée de sang frais. Bientôt, ces dernières sont assassinées les unes après les autres par un détraqué qui se fait appeler Scalpel d’Argent. Charles Beauregard, un aventurier au service d’une organisation secrète, le Diogene’s Club, se voit confier la tâche d’enquêter que les meurtres de Whitechapel. En parallèle, Scotland Yard confie la même enquête à Geneviève Dieudonné, une vampire française vieille de 4 siècles. Les deux enquêteurs vont se rencontrer au cours de l’enquête et très vite former un duo de choc, dans une société londonienne en pleine ébullition où la révolte contre l’ordre établi par le Comte Dracula commence à gronder.

Charles Beauregard est le dandy anglais par excellence. Gentleman, mystérieux, ayant vécu des aventures à l’autre bout du monde, toujours ben habillé, honnête et un brin torturé. Ce dernier a en effet perdu sa première femme, Pamela Churchward, morte en couches. Cette tragédie l’a véritablement affecté car son mariage était un mariage d’amour. Néanmoins, quelques années plus tard comme les convenances l’exigent, Beauregard est de nouveau fiancé…à la cousine de sa première épouse, Penelope Churchward. Celle-ci le presse de devenir un vampire, perspective qui est loin de l’enthousiasmer. Si Beauregard doit cohabiter avec les sang-froid, il n’a aucune envie de devenir l’un d’entre eux. Resté fidèle à sa majesté la reine Victoria, il voue une haine absolument farouche au Comte Dracula et semble prêt à tout pour sauver sa reine de cette emprise maléfique.

Geneviève Dieudonné est une vampire de quatre siècles, qui, il faut bien l’avouer, est un peu blasée de tout au début du roman. Curieusement, elle a choisi d’exercer la profession de médecin pour sauver des vies, en totale contradiction avec la plupart de ses semblables. Elle est issue d’une lignée différente de celle de Dracula, plus pure  et est la seule vampire capable de se mesurer à lui. Quand Scotland Yard lui demande d’enquêter sur les meurtres de Scalpel d’argent, Geneviève finit par se sentir concernée par le sort de ses femmes qu’elle soigne parfois dans son hospice situé au cœur de Whitechapel. C’est un personnage que je qualifierais volontiers de « badass ». Elle est courageuse, directe, elle sait se défendre et est complètement indépendante.

L’idée de Kim Newman m’a charmé du début à la fin. Dans ce roman, tous mes personnages préférés sont réunis et évoluent dans une même société. Kim Newman repart aux fondements du mythe de Dracula. Ici pas de vampire comme Edward Cullen. Le Comte Dracula est machiavélique et ceux issus de sa lignée sont des abominations. C’est plutôt agréable de replonger au cœur de l’histoire originelle sans version policée comme on peut le voir aujourd’hui (bien que ces versions ne me dérangent pas non plus). La culture de cet auteur, qu’elle soit cinématographique, historique ou littéraire est  impressionnante. Anno Dracula n’est pourtant pas qu’un catalogue de références. Il y a une véritable intrigue, qui s’inspire souvent de l’histoire


En conclusion, si vous aimez tous les personnages que j’ai mentionnés dans cette chronique, si la culture vampirique de base vous intéresse et si l’ambiance gothique alliée au côté historique vous plaît, ce roman est fait pour vous

Nicolas Le Floch T1 : L'énigme des Blanc-Manteaux (Jean-François Parot)






Edition : 10/18
Genre : Policier, Historique
Auteur : Jean-François Parot
Parution : 1er octobre 2000
Coup de coeur








Résumé : Paris, janvier 1761. Nicolas Le Floch, un jeune homme natif de Guérande, débarque dans la capitale, écarté de sa Bretagne par son tuteur. Après un passage au couvent des Carmes, le jeune Le Floch va apprendre le métier de policier sous la houlette de M. de Sartine, le lieutenant général de police de Louis XV, chargé des affaires spéciales. Le Floch va devoir faire très vite ses preuves et apprendre le prix du silence et du secret. Sa première enquête criminelle va le plonger dans le monde interlope de la corruption, du jeu, des intrigues crapuleuses et d'une conspiration contre la vie du roi.

Avant de commencer cette chronique, je tiens à m’excuser de mon absence de ces dernières semaines. Si jamais vous ne suivez pas ma page Facebook, vous ignorez sans doute que j’ai commencé la semaine dernière un nouveau travail, à temps complet, et que je m’adapte tout doucement à ce nouveau rythme. Je n’abandonne pas mon blog,  loin de là, mais il me faut un petit temps d’adaptation pour trouver un nouveau mode d’organisation. D'où mon absence temporaire de ces derniers temps.

Mais trêve de bavardages, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un personnage dont je suis tombée amoureuse (oui, encore, je ne vois pas où est le problème) il y a quelques années déjà. Monsieur Nicolas le Floch, Commissaire au Châtelet sous le règne de Louis XV, cela vous dit quelque chose ? Si ce nom vous est familier, c’est sans doute grâce à l’excellente série diffusée sur France 3, avec Jérôme Robart. En tout cas, moi, c’est comme ça que j’ai découvert le personnage et à chaque fois qu’il y a une rediffusion des épisodes, je suis toujours devant ma télé. Mais je vous parlerai de la série dans un prochain article. Aujourd’hui, c’est de la saga livresque dont je vous parle, et plus particulièrement du premier tome des aventures du Commissaire, « L’énigme des blanc manteaux ». Je remercie d’ailleurs A little bit dramatic pour m’avoir donné envie de découvrir le livre !

Amateurs et amatrices de policiers historiques, cette nouvelle saga est faite pour vous ! Nicolas Le Floch, 22 ans, fait son entrée à Paris après avoir été recommandé au lieutenant général de police Monsieur de Sartine par son parrain, le Marquis de Ranreuil. Logé par le commissaire Lardin qui lui apprend le dur métier de policier, Nicolas apprend patiemment. Jusqu’au jour où Lardin disparaît dans des circonstances mystérieuses et en possession de documents compromettant la sécurité de l’état. Monsieur de Sartine se décide, non sans inquiétude, à confier l’enquête à Nicolas qui a eu un long aperçu de la vie du commissaire au cours de son séjour dans sa demeure. Prenant pour fidèle compagnon l’inspecteur Bourdeau, Nicolas se lance dans une enquête qui le mènera aux quatre coins de la capitale et qui pourrait bien avoir un impact décisif sur son avenir.

Nicolas est un provincial, qui a officié comme clerc de notaire à Guérande en Bretagne, jusqu’à ce que son parrain, le Marquis de Ranreuil, décide de l’envoyer à Paris auprès du lieutenant général De Sartine. Agé de 22 ans à peine, Nicolas se laisse emporter par l’agitation de la capitale, sans pour autant oublier l’honneur qui lui a été fait et son sens du devoir. Le métier de policier va rapidement lui plaire et il va se révéler être un atout indispensable pour De Sartine. Nicolas est un personnage que j’adore parce que sa personnalité est pleine de nuances (pas de Grey, je vous rassure). Son éducation l’a rendu honnête et loyal alors que sa condition – élevé par un chanoine, ayant pour parrain un noble sans être lui-même de cette condition – lui a fait comprendre qu’il lui faudrait prouver sa valeur en travaillant d’arrache-pied et en faisant toujours ce qui est juste. Il est également très cultivé, intelligent et perspicace, des atouts essentiels pour se faire une place au sein de la « bonne société » parisienne mais aussi dans les plus sordides quartiers de la capitale. Capable de s’adapter partout, ne portant aucun jugement sur les gens, sachant faire preuve de compassion, tout est réuni pour en faire un personnage d’exception. Mais en plus de cela, le jeune Le Floch est aussi très séduisant et séducteur et sait souvent comment se mettre les femmes dans sa poche. 

Le lieutenant général De Sartine, supérieur direct de Nicolas, est un homme qui a la lourde tâche d’assurer la sécurité de la capitale. Sa police est l’une des plus efficaces d’Europe. Mais on n’arrive pas à un tel résultat en faisant preuve de gentillesse et c’est d’abord sa rudesse envers Nicolas, sa fermeté et son caractère presque trop strict et hautain qui frappent le lecteur. Néanmoins, on se rend compte rapidement que De Sartine est un homme de grande valeur, très juste et qui s’est pris d’affection pour ce petit Breton qui vient juste de débarquer à Paris. La seule manie que l’on connaît à De Sartine, c’est son amour inconditionnel pour les perruques. Chacun sa passion me direz-vous. L’inspecteur Bourdeau, fidèle acolyte de Nicolas, est quant à lui très touchant. Il est plus âgé que Nicolas mais ne voit pas d’inconvénient à être sous sa subordination. C’est un homme doux, attentionné, toujours calme, mais c’est également un très bon inspecteur qui sait prendre les choses en main quand les circonstances l’exigent. Fidèle et loyal, Nicolas et lui vont rapidement se lier d’amitié et former un duo redoutable.

Enfin, je me contenterai de vous présenter Monsieur de Noblecourt, ancien Procureur, chez qui Nicolas va séjourner à partir de la disparition du commissaire Lardin. Le vieil homme se prend lui aussi d’affection pour Nicolas (mais oui, je vous l’ai dit, tout le monde aime Nicolas, sauf vous si vous n’avez pas encore fait sa connaissance, mais ça va venir). Amateur de nourriture et de vin, il est très avisé et Nicolas prend souvent conseil auprès de lui dès qu’une affaire apporte plus de nouvelles questions.

Il y a beaucoup de personnages secondaires dans le roman qui ont tous suffisamment d’étoffe pour qu’on les apprécie. Semacgus, chirurgien de marine, Catherine, la cuisinière des Lardin, Marion, la cuisinière de Noblecourt, La Satin, une prostituée dont Nicolas va faire la connaissance ou encore le célèbre bourreau Sanson, qui se révèle très humain.

J’ai davantage l’habitude de lire des policiers historiques qui se déroulent à l’époque victorienne. Cela faisait longtemps que je cherchais un roman de ce genre qui se déroulerait à Paris et c’est désormais chose faite. Jean-François Parot a fait un véritable travail d’historien pour ce premier tome. Il y a des auteurs qui savent vous transporter à l’époque qu’ils décrivent. J’avais le sentiment d’être au cœur de Paris au XVIIIème siècle et de me promener aux côtés de Nicolas. Les dialogues des personnages (le language XVIIIème est d’ailleurs conservée dans la série télé), les descriptions de Paris et de sa population, tout est fait pour nous plonger au cœur de l’histoire. Quant à l’enquête à proprement parler, j’ai été scotchée par son dénouement. Jean-François Parot est un très bon auteur de fiction historique mais il manie aussi l’art d’écrire une enquête travaillée qui berne le lecteur.

En résumé, je ne peux que vous conseiller d’aller tout de suite acheter le premier tome des aventures de Nicolas Le Floch et de vous plonger dans le Paris du XVIIIème siècle. Et si jamais ma chronique ne vous a pas convaincue (il y a toujours des gens difficiles), regardez l’épisode. Les amateurs de policiers historiques et de personnages intéressants sauront s’y retrouver.


Camden T1 : Un murmure de voix (Pauline Andreani)






Edition : Les éditions du Petit Caveau
Genre : Fantastique
Auteur : Pauline Andreani
Parution : 15 février 2016







Résumé : Je m’appelle Humphrey. Simplement Humphrey. Ce soir-là, j’ai perdu mon travail en voulant sauver un ahuri qui prétendait pouvoir communiquer avec l’au-delà. Par curiosité, je l’ai ensuite suivi dans l’une de ses aventures, et devinez quoi ? Le gamin disait vrai. La famille Flemington, s’étant vue affligée de la disparition de leur fils et de la mort de leur bonne, ne se doute pas que cette dernière est bien présente, ni qu’elle sait ce qui est arrivé à leur bambin. 

Il y a deux semaines, en allant au festival de l'imaginaire Atrebatia à Arras, j’ai découvert une toute jeune auteure. Pauline Andreani n’a que 25 ans mais déjà 15 ans d’écriture derrière elle. Basée à Londres, elle s’inspire de cette ville et de l’ambiance des années 30 pour situer son roman, Camden : Un murmure de voix. Un tome 2 intitulé Camden : Le maître des poupées est déjà paru aux éditions du Petit Caveau. Ce premier roman publié il y a tout juste un an maintenant est assez prometteur.

Humphrey, dont on ignore le passé, mais dont on peut imaginer qu’il a trempé dans quelques affaires criminelles, fait par hasard la rencontre de Camden Elmore à la sortie d’un établissement peu fréquentable. Ce dernier lui affirme qu’un de ses amis cherche à le contacter. Oui, sauf que l’ami en question est décédé depuis quelque temps déjà. Humphrey est d’abord persuadé qu’il a affaire à un fou. Mais il se laisse peu à peu convaincre et se rend compte que Camden Elmore n’est pas un simple médium qui cherche à arnaquer ses clients. Il se retrouve alors au cœur de la nouvelle enquête du jeune homme. Une bonne est retrouvée morte dans la demeure de la famille Flemington et le jeune Flemington dont elle avait la charge est porté disparu. Invoquant le fantôme de la défunte, Camden et Humpfrey vont engager une course contre la montre pour retrouver l’enfant.

Camden Elmore et son acolyte Humphrey m’ont fait penser à Sherlock et Watson, dont le duo aurait été transposé au début des années 30 à Londres. Je me trompe peut-être, mais la personnalité des deux hommes ressemble fortement à celle qu’on peut retrouver au fil des diverses adaptations des aventures de Sir Arthur Conan Doyle. Ainsi, Camden est un jeune homme qui a envie de faire ses preuves face à son grand frère, célèbre exorciste dont la réputation est nationale. Il est souvent dans la lune et pas simplement parce qu’il a un don pour communiquer avec les esprits. Cela le conduit dans des endroits inattendus comme à la sortie d’un tripot pour rencontrer Humpfrey ou sur les traces d’une bonne travaillant dans une maison bourgeoise. Humpfrey devient son seul ami un peu par hasard, comme cela a pu être le cas pour Sherlock et Watson. Quant à Humpfrey, il ne sait absolument pas comment il a atterri dans une telle histoire, ni s’il ne devient pas un peu fou avec toutes ses histoires de fantôme. Il est d’ailleurs franchement sceptique au départ mais ne peut plus nier les différents éléments de preuve qui s’offrent à lui tout au long de l’intrigue. Il s’attache progressivement à cet énergumène qu’est Camden et finit par mener l’enquête avec lui.

Une réécriture des aventures de Sherlock et Watson donc ? Oui, mais avec une bonne dose de fantastique. Ici, ce n’est pas des capacités de déduction exceptionnelles qui aident Camden mais bien sa capacité de communiquer avec les fantômes. Quant à son frère, ce n’est pas le « gouvernement britannique » mais un exorciste de renom. Humphrey n’est pas un docteur, son passé reste plutôt trouble si ce n’est qu’on imagine qu’il était une sorte de voyou. J’ai apprécié le côté fantastique qui est ajouté à cette histoire même s’il n’est pas explicitement mentionné sur la quatrième de couverture qu’il s’agit d’une réécriture des aventures de Sherlock Holmes, c’est juste mon ressenti personnel après avoir lu le roman. Aussi je vous laisse en juger par vous-même !

Le roman est assez court, mais bien développé. L’auteure nous fait assister à la rencontre entre les deux hommes, présente son univers tout en ne négligeant pas l’enquête policière/fantastique qu’elle amène progressivement. J’ai été étonnée à la fin du roman car l’intrigue prend une tournure à laquelle je ne m’attendais pas. J’ai apprécié le style de l’auteure, même si on ressent dans sa manière d’écrire que c’est une jeune plume. Son style va sans nul doute s’affiner et se préciser avec le temps.

En conclusion, j’ai apprécié ce premier tome. Même s’il ne s’agit pas d’un coup de cœur, je lirais avec plaisir le deuxième. Si vous appréciez des duos qui s’apparentent à celui de Sherlock et Watson, avec une dose de fantastique, je vous le conseille.

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